I
Il promène son vide dans la nuit
son allure incertaine
en régate enivrée d'absolu
Son air neuf
fou
doux
tirant le corps au-delà du trait
II
Il ose le bar
III
Il est neuf dans le décor
sans poussière ni faux pli
sa tenue pleine
attend les traces du temps las
Il faufile sa démarche polie parmi le nuage d' habituels assis
ils écoutent en silence le nouveau joueur
ils prient
IV
Il se pose
un coin de banquette
une table
ronde
bancale
Il déballe le matériel
actif après quelques lampées de blonde amère
V
Elle veille
en remède aux instants multiples
douleurs enchaînées face à l'absence
assise
infernale
obscène
VI
La plume joue son geste délicat
décale sans remords les remous enfiévrés du dehors
ils rient
VII
Il gifle sa tristesse imbécile sur les lignes d'un carnet rouge
se dépouille d'un désir
fou en prêt-à-tout
à porter le rien
ce pain quotidien du banal
froissé d'une phrase
ferme
comme l'on claque le livre enfin fini
vide à en lever le suivant
VIII
Il creuse son histoire
IX
Au zinc les pieds-nus et sots menus toisent ce non adéquat
debouts
pseudos marginaux
ils ont quitté la fête
ce ptit monde rabougri tend l'allure idéale au miroir du semblant
faussaires mis au défi du réel
ils fuient
X
Il jette le coeur sans bavardage dans l'incertain décalé
bazar né d'un baiser au hasard
Et le poème vit
"Ecrire, certes, mais savoir perdre aussi l'écriture, mesurer toute l'ampleur de son ignorance. Se relever nu de dessous l'orage du langage." Joël Vernet
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vendredi 22 janvier 2016
jeudi 31 janvier 2013
La mignonne
A
la mignonne deux habituels
appuient
leur soif
sur
le zinc en cuivre
Pointent
leurs yeux
sur
le monde ambulant dans le dehors frileux
sans
appétit pour le vivre
Lâchent
quelques mots entre eux
miettes
du rien
Abreuvent
leurs jours sans désaccord
Le
patron trimballe son envie
sans
frousse
entre
les tables serrées
leurs
ptits nouveaux un peu timides
Propose
son accueil bolide
à ces
gars dans leur coins tassés
journal
café merci ô folie
Excite
l'ambiance en creux
Tente le
bien
en
une musique aux bons accords
Le
faux s'abstient au bistrot
halte
du poète de passage
où
s'apaisent les maux
dans
l'incertain peu sage
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